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Dernière lecture: Jacques Baud, L'art de la guerre russe, Paris, 2024

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1er mars – Le Figaro

https://www.lefigaro.fr/international/en-direct-funerailles-de-navalny-des-centaines-de-russes-rassembles-malgre-les-mises-en-garde-du-kremlin-20240301

Les funérailles d’Alexeï Navalny se sont déroulées dans une église de la périphérie moscovite devant laquelle « des centaines de personnes » s’étaient rassemblées[1].


□ Contrairement à ce qu’on pouvait imaginer, le Kremlin a donc permis à sa veuve d’organiser des funérailles publiques, en présence des ambassadeurs des Etats-Unis, de France et d’Allemagne, et en plus filmées par CNN[2] !

De là à penser que V. Poutine n’est pas si rancunier que ça, il y a encore de la marge, surtout à une semaine des élections. De même, la présence en vue de la police, l’interdiction de toute «manifestation non autorisée» et la recommandation de bien sourire aux caméras placées autour de l’église à des fins de fichage des opposants rappelaient aussi les limites de la tolérance du régime. A l'Est, rien de nouveau.


[1] «Des milliers de personnes», selon l’AFP - https://www.lematin.ch/story/moscou-des-centaines-de-russes-se-sont-rassembles-pour-les-funerailles-de-navalny-103054010

[2] --> 24.02.24 - Ioulia Navalnaïa n’y a assisté que sous forme d’une vidéo en hommage diffusée lors de la cérémonie, sage précaution.

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1er mars – Le Temps

https://www.letemps.ch/monde/dans-la-rue-al-rashid-de-gaza-la-defaite-d-israel


Un article signé Aline Jaccottet commente la mort la veille de plus d’une centaine de personnes lors d’une distribution de nourriture dans le nord de la bande de Gaza. Non seulement en effet des personnes se sont fait piétiner par la foule affamée ou écraser par les camions, mais certaines aussi ont été atteintes par les balles de l’armée israélienne qui a en effet reconnu avoir « tiré dans les jambes » pour ramener le calme.

□ Si les circonstances doivent encore être précisées, les images de ce nouveau drame constituent probablement un moment clé du conflit en cours. Dans un contexte où les critiques de la politique israélienne sont, à tort ou à raison selon qui les émet, suspectes d’antisémitisme, c’est une prise de position résolue qu’adopte la journaliste, auteur d’un réquisitoire féroce contre les conditions de l’occupation israélienne. Pour elle, « ce qui a rendu les actes de jeudi (le 29 février) possibles, c’est le mépris et la peur des soldats israéliens à l’égard des Palestiniens », que le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant qualifiait « d’animaux humains » après le 7 octobre. Il ne faisait « que dire tout haut ce que l’écrasante majorité de ses concitoyens pensent aussi », ajoute A. Jaccottet.

A ceux qui douteraient du peu de considération de l’armée d’occupation envers les civils de Gaza, Le Temps propose aussi le témoignage d’un correspondant sur place, Samuel Forey[1], qui décrit « les humiliations, l’étalage de mépris pour les habitants de Gaza » dont font preuve les soldats israéliens. Son article insère de multiples liens renvoyant à des vidéos tournées par ces derniers et publiées sur les réseaux sociaux. Leur point commun est la désinvolture, l’arrogance et en effet le profond mépris qui s’en dégagent, tout cela alors que le bilan dépasse 30'000 victimes, essentiellement civiles, depuis le début des bombardements israéliens.

Devant cette dérive injustifiable, jusqu’où ira le soutien américain à Israël? Pour le président-candidat Joe Biden, la question devient cruciale s’il entend conserver un semblant de crédibilité.


[1] https://www.letemps.ch/monde/des-soldats-israeliens-deployes-a-gaza-mettent-en-scene-leurs-exactions-sur-les-reseaux-sociaux

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29 février – France Info

https://www.francetvinfo.fr/monde/russie/vladimir-poutine/guerre-en-ukraine-vladimir-poutine-met-en-garde-les-occidentaux-contre-une-menace-reelle-de-conflit-nucleaire_6395611.html


Lors de son discours annuel à la nation Vladimir Poutine a relevé le risque de guerre nucléaire qu'impliquerait une escalade du conflit en Ukraine.


□ Il répondait indirectement aux dernières déclarations d’Emmanuel Macron n’excluant pas la participation de troupes en Ukraine, déclarations par ailleurs largement critiquées par ses partenaires de l’OTAN. C’est donc d’une réponse du berger à la bergère qu’il s’agissait de la part de V. Poutine, mais elle a eu l’effet auquel attendu du côté des chaines info françaises.

Celles-ci ont fait preuve en soirée d’une belle harmonie : « Poutine agite la menace nucléaire » (CNews), « Poutine brandit encore la menace nucléaire » (BFMTV), « Poutine répond à Macron avec la menace nucléaire » (LCI), tels sont les bandeaux sous-titrant les débats convenus entre chroniqueurs qui n’ont apparemment rien retenu d’autre du discours de plus de deux heures de V. Poutine. Celui-ci ne faisait pourtant rien d’autre qu’énoncer une évidence en évoquant l'éventualité d’envoyer des troupes occidentales en Ukraine : « Les conséquences de ces interventions seraient vraiment tragiques (…) Tout ce qu'ils inventent en ce moment, en plus d'effrayer le monde entier, est une menace réelle de conflit avec utilisation de l'arme nucléaire et donc de destruction de la civilisation. Ils ne comprennent donc pas cela ? », a demandé le président russe, inscrivant sa pensée dans le registre de la dissuasion nucléaire pratiqué à partir de la Guerre froide. Rien de nouveau et pas de quoi s’étonner donc, mais une occasion pour les médias de faire monter le taux d’adrénaline du public et de le rappeler à la bonne interprétation des faits, sauf que ceux-ci sont systématiquement présentés de façon partisane.

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29 février – Courrier international

https://www.courrierinternational.com/article/a-la-une-de-l-hebdo-automobile-le-defi-electrique


Consacré au « défi électrique » auquel le secteur européen de l’automobile est confronté, un dossier du CI met en perspective les enjeux de la guerre commerciale qui s’engage entre les constructeurs chinois et les autres.


□ L’arrivée il y a trois jours du BYD Explorer N°1[1], premier cargo livrant à Bremerhaven 3'000 véhicules électriques chinois en Allemagne[2], marque en effet un tournant dans l’histoire de la compétition commerciale avec la Chine.

Alors que l’UE a décrété la fin des véhicules thermiques pour 2035 et qu’elle fait le forcing pour stimuler le développement des véhicules électriques sur le continent, l’industrie automobile européenne se voit maintenant court-circuitée par le déferlement de véhicules chinois beaucoup moins chers.  Le Salon de l’Auto de Genève, qui vient de rouvrir ses portes après quatre ans d’interruption, mais en formule très réduite[3], témoigne de cette évolution : une seule marque européenne, Renault, est présente au milieu de l’armada chinoise[4].

« Face à l’écrasante domination chinoise, les constructeurs européens cherchent à s’organiser, et envisagent même des alliances pour mieux résister. Mais le défi à relever est immense », constate le CI résumant l’opinion de la presse étrangère. Pratiquer une forme de protectionnisme par des barrières douanières pour entraver l’invasion de véhicules chinois, c’est en effet s’exposer en représailles à la limitation des livraisons des composants nécessaires à la fabrication des batteries.

On s’aperçoit donc brutalement que les 13 millions de personnes employées dans le secteur automobile européen qui représente 7% de l’économie du continent sont menacées par la concurrence chinoise. Pas question d’autre part de compter sur une hypothétique conscience européenne du consommateur: celui-ci n’aura pas davantage de scrupules à opter pour une voiture électrique chinoise si elle est moins chère à qualité égale, comme il l’a fait durant des décennies avec les véhicules thermiques japonais ou coréens. Dans ces conditions, le matraquage publicitaire en faveur du tout-électrique en Europe devrait peut-être un peu mettre la pédale douce.


[1] Le groupe BYD est le premier constructeur mondial de véhicules électriques, devant Tesla.

[2] https://agefi.com/actualites/entreprises/un-premier-cargo-de-byd-livre-des-milliers-de-vehicules-en-allemagne

[3] 30 constructeurs sont présents contre une centaine avant l’interruption due au Covid.

[4] https://www.tdg.ch/gims-2024-le-public-se-presse-au-salon-de-lauto-327977992044

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28 février – Blick

https://www.blick.ch/fr/news/monde/qui-acceptera-de-se-battre-contre-les-russes-soldats-europeens-en-ukraine-promettre-est-une-chose-mais-apres-id19476413.html


Le journaliste Richard Werly estime que l’idée envisagée par E. Macron d’envoyer des troupes européennes en Ukraine est dangereuse.

□ Si les diverses raisons qu’il évoque se tiennent[1], ce qui saute aux yeux dans l’édito du journaliste, c’est la contradiction qu’induit son opposition à un tel engagement de la part de l’OTAN par rapport à ce qu’il a précédemment soutenu. Revenant d’Ukraine en juillet 2023, il ramenait en effet « 5 leçons » de ce voyage[2]. La première était ambiguë (« l’Ukraine doit se défendre, mais la paix est urgente ») et les quatre autres allaient dans le sens d’un soutien à la résistance ukrainienne au nom des valeurs occidentales (« La défense de la liberté a toujours démontré, dans le passé, qu’elle était un moteur puissant de résistance et d’émancipation »). C’est donc que R. Werly approuvait les efforts de la résistance ukrainienne, tout en reconnaissant qu’elle avait un prix regrettable à payer en vie humaines et en destructions. A lire son dernier article, on se demande pourtant si la vie des soldats de l’OTAN ne vaut pas plus à ses yeux que celle des Ukrainiens dans leur combat pour ladite liberté.


Cela rappelle la phrase d’Alphonse Daudet s’opposant à empêcher l’annexion des Sudètes par Hitler en 1938 : « Tous les Tchèques ne valent pas les os d’un petit soldat français »[3]. Ce genre de posture courageuse, mais pas téméraire, est d’ailleurs celle que semblent avoir adoptée, comme prévu[4], plusieurs pays européens, « notamment l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et les pays du groupe de Visegrad », qui ont exclu l'idée d'une participation de leurs troupes en Ukraine, rapporte Le Figaro[5].


Quant à ligne en zig-zag suivie par R. Werly, elle est illustrée par un autre article, récent celui-ci[6], critiquant le dernier livre de Jacques Baud, expert suisse du renseignement et des questions militaires[7], auquel il reproche en substance et avec un certain mépris de considérer que « la Russie n’a pas échoué dans son assaut contre l’Ukraine, bien au contraire », alors que pour l’instant, son armée progresse dans l’Est du pays : démonstration par l’absurde donc.

Beaucoup plus clair sur le même sujet est l’édito de Natacha Polony dans Marianne[8]. En relevant la responsabilité des Etats-Unis dans la genèse de cette guerre, elle rejoint les observations de Jacques Baud : « Il s’agit de savoir si nous allons accepter collectivement de marcher comme des somnambules jusqu’à la guerre. (...) Il s’agit de savoir si nous acceptons d’envoyer nos enfants mourir parce que les États-Unis ont voulu à toute force implanter des bases aux frontières de la Russie ».

Soutenir l’Ukraine contre les « délires meurtriers » de V. Poutine, il le faut évidemment, mais « jouer aux cow-boys » avec E. Macron est une tout autre chose, aux conséquences incalculables. En rappelant que « ce sont les mêmes qui, depuis trente ans, ont désarmé l’Europe en défendant le libre-échange » qui maintenant appellent au réarmement, N. Polony dénonce l’hypocrisie des néoconservateurs[9] européens qui comme Raphaël Glucksmann réclament une « architecture de sécurité » devenue un prélude à la guerre contre la Russie alors qu’à l’époque de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, il s’agissait au contraire « d’arrimer la Russie à l’Europe pour empêcher la montée des tensions, tentative torpillée par les États-Unis ».

En mentionnant l’enquête du New York Times révélant que depuis 2014, la CIA a implanté 12 bases secrètes en Ukraine[10], en rappelant aussi l’excellent reportage de Paul Moreira sur Maïdan[11], N. Polony fait la part des choses en rétablissant les faits. C’est tout ce qui différencie le journalisme du propagandisme pratiqué par tant d’autres, comme chez Blick.

[1] Difficultés d’application sur le terrain, risques politiques entre partenaires de l’UE, risques d’escalade et danger pour la paix, etc.

[2] --> 09.07.23 -
https://www.blick.ch/fr/news/monde/retour-de-kiev-et-du-front-guerre-poutine-contre-offensive-mes-5-lecons-ramenees-dukraine-id18733129.html

[3] --> 11.07.23.

[4] --> 27.02.24.

[5]https://www.lefigaro.fr/international/envoi-de-troupes-occidentales-en-ukraine-l-hypothese-d-emmanuel-macron-deja-ecartee-par-de-nombreux-allies-20240227

[6]https://www.blick.ch/fr/news/monde/le-livre-a-ne-pas-rater-lukraine-et-lotan-ne-gagneront-pas-la-guerre-cest-un-suisse-qui-lecrit-id19472019.html

[7] «L'art de la guerre russe», 2024.

[8] https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/natacha-polony-macron-envisage-des-troupes-en-ukraine-reveillons-nous-ou-ce-sera-la-guerre-totale

[9] «Idéologie fondée principalement sur l’interventionnisme notamment militaire des démocraties en matière de politique étrangère pour renverser les régimes irrespectueux des droits de l’homme, la protection de ces derniers étant considérée comme primant sur la diplomatie» (WK).

[10] https://www.nytimes.com/2024/02/25/world/europe/cia-ukraine-intelligence-russia-war.html

[11] --> 26.03.22.

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27 février - RTS1 – Le 19h30

https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/19h30?urn=urn:rts:video:14732184


Le 19h30 de Philippe Revaz évoque « la sécurité des prisons genevoises avec le nouveau décès d’une jeune femme (…) dans une cellule de détention d’un poste de police », le second depuis le début de l’année. La victime serait décédée d’une overdose après avoir été incarcérée pour vol à l’Hôtel de police.

□ Toujours prompte à dénoncer les éventuelles bavures policières, le 19h30 donne la parole à une « avocate spécialiste des droits humains » s’étonnant que les détenus soient placés dans « une cellule exiguë, fermée par une porte métallique », comme s’ils devaient s’attendre à un espace ouvert, tout confort. L’avocate déplore en outre l’absence d’un « protocole applicable aux détenus vulnérables », ressuscitant ainsi les théories de Michel Foucault sur l’iniquité de la prison, symptôme des inégalités et des injustices sociales. Pour faire bon poids, le 19h30 donne ensuite la parole au coprésident de la Ligue suisse des droits humains, Marc Morel, qui déplore le manque de prévenance dont la police fait preuve envers des détenus dont certains peuvent effectivement être sous l’effet de la drogue au moment de leur arrestation. L’enquête du Ministère public devra donc déterminer s’il y a eu négligence ou non de la part de la police genevoise, mais pour l’instant on fera juste remarquer que la présomption de culpabilité de la police règne de façon pavlovienne à la RTS qui relève chaque cas de décès de délinquants avec une constance non dénuée d’a priori partisan.

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27 février – Courrier international

https://www.courrierinternational.com/article/ukraine-l-envoi-de-troupes-europeennes-en-ukraine-un-tabou-brise

A l’issue d’une conférence internationale sur l’Ukraine réunissant à Paris 21 chefs d’Etat européens, le président français a déclaré : « Il n’y a pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée des troupes au sol. Mais en dynamique, rien ne doit être exclu. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre ».

□ Fidèle à sa pratique du en même temps, E. Macron assume une certaine « ambiguïté stratégique » tout en précisant n’avoir « absolument pas dit que la France n'y était pas favorable ». Excellent dans l’usage de la double négation, il allume donc publiquement la mèche d’un pétard humide, voire carrément mouillé si l’on en croit le scepticisme qui a filtré des discussions internes, le résultat étant un flou artistique malvenu. Certes, l’idée de ranger l’UE en ordre de bataille était du plus bel effet, que ce soit pour manifester sa solidarité envers l’Ukraine ou pour sensibiliser l’opinion à l’idée que celle-ci constituait le meilleur rempart contre les intentions agressives de la Russie. Mais très franchement, on doute de l’effet concret que de telles déclarations puissent avoir sur le terrain, d’autant plus que la France est mal placée pour rappeler ses partenaires européens à leurs devoirs. Selon le Kiel Institute[1], elle n’aurait en effet donné à l’Ukraine que « 635 millions d’euros, très loin des 17,7 milliards de l’Allemagne ou des 9,1 milliards du Royaume-Uni ». Vu des Etats-Unis, tout cela paraît donc bien timide, et comme l’écrit le New York Times, « rien ne dit clairement que l’Europe peut remplacer les États-Unis comme garant de la capacité de l’Ukraine à combattre ». Voilà qui a le mérite de la clarté.


En réalité, le raout parisien organisé par l’aspirant-commandant Macron fait penser à la manière de gérer la question de l’immigration en Europe. Chacun se dit « préoccupé » de la situation et déterminé à adopter les mesures fortes qui s’imposent, mais quand il s’agit de les mettre en pratique de manière coordonnée, tout se délite et chacun cherche à tirer le meilleur bénéfice des changements sans se soucier des intérêts des autres. Vis-à-vis de l’Ukraine, tout le monde est donc d’accord qu’il faut réagir, se mobiliser, livrer les munitions promises[2] et renforcer la défense des Etats limitrophes de la Russie et de la Biélorussie, mais chacun va vouloir faire le moins possible d’efforts en ce sens de façon à ne pas prétériter son économie nationale en plein mouvement de contestation sociale, dans l’agriculture, dans les transports ou dans d’autres secteurs.

Naturellement, les plus déterminés des va-t’en guerre médiatiques que sont les consultants de LCI se sont félicités dans la soirée de la conversion d’E. Macron à la résistance antirusse, relevant avec satisfaction la saine évolution de celui qui deux ans plus tôt estimait qu’il ne fallait pas « humilier Poutine »[3]. Libre à chacun de partager ce point de vue, mais cette volte-face du président français paraît davantage destinée à lui construire une posture de chef qu’à offrir des pistes de réflexion en vue de faire cesser le carnage en cours. V. Zelensky ayant lui-même fait état d’un bilan de 31'000 hommes tués au combat (compte tenu du langage militaire, on peut au moins doubler ce chiffre) et déploré les difficultés à effectuer de nouveaux recrutements, on peut raisonnablement penser que ce point de détail de l’histoire ne devrait pas être perdu de vue pour autant.

[1] «Institut de recherche économique et un groupe de réflexion indépendant à but non lucratif basé à Kiel, en Allemagne» (WK).

[2] V. Zelensky prétend n’avoir reçu que 30% de ce qui avait été annoncé.

[3] 04.06.22 - https://www.youtube.com/watch?v=HFGt5EvUbDU

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26 février – Le Figaro

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/carcassonne-une-avenue-rend-hommage-au-celebre-physicien-pierre-curry-20240225


La mairie de Carcassone a fait retirer d’urgence une plaque indiquant l’emplacement de l’« AVENUE PIERRE CURRY - Physicien 1859-1906 ».


□ Le Figaro place avec raison l’information sous sa rubrique Société, tant elle est révélatrice des progrès effarants de l’inculture, attestés notamment en France par les résultats désastreux de l’enquête PISA.

En plaçant « l’élève au centre » de l’enseignement, les as de la pédagogie contemporaine ont apparemment négligé le fait que la culture ne se répand pas par magie au milieu de ses neurones, mais qu’elle se diffuse dans la verticalité du rapport entre l’enseignant et son élève. On observe donc les effets calamiteux de cet égarement sur le niveau de connaissances moyen de la population. Cela dit, cette anecdote présente l’avantage de favoriser les sarcasmes des lecteurs qui rivalisent d’ironie sur la qualité de l’Education nationale, fût-ce d’ailleurs au prix d’une orthographe parfois déficiente, ce qui renforce la validité du constat.

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25 février – Valeurs Actuelles

https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/culture/benoit-jacquot-la-chute-dune-icone-de-la-gauche-culturelle


Un article signé Laurent Dandrieu dénonce « le comportement envers de très jeunes actrices » du réalisateur Benoît Jacquot, contre qui l’actrice Judith Godrèche a déposé plainte pour des actes commis lorsqu’elle avait 15 ans.


□ Peu importe l’avis du journaliste sur les films de B. Jacquot, qu’il trouve à tort ou à raison « d’un ennui insondable », l’essentiel tient dans sa critique du lien de soumission que le réalisateur impose aux actrices sur lesquelles il projette depuis 40 ans sa passion. « Je fais ta carrière, tu m’appartiens tout entière », écrit-il en résumant cet extrait d’une interview de B. Jacquot parue dans Libération en 2015[1] : « Mon travail de cinéaste consiste à pousser une actrice à passer un seuil. La rencontrer, lui parler, la mettre en scène, la diriger, m’en séparer, la retrouver : le mieux, pour faire tout ça, c’est encore d’être dans le même lit ». C’est on ne peut plus clair, or ce qui se conçoit entre adultes consentants est odieux lorsque cela implique des mineures, comme ce fut donc le cas de J. Godrèche, avec qui il persiste et signe dans une autre interview accordée aux Inrocks en 2016 : « Je dirais que le film est fait sur mon désir de son désir. (…) Je lui donne le film. Avec tout de même un pacte à la clé : si je lui donne le film, elle, en retour, se donne complètement. Ce qui est à entendre dans tous les sens qu’on voudra ».


C’est précisément là que jaillit dans toute sa fourberie l’hypocrisie de ce que L. Dandrieu appelle « la gauche culturelle » et sa prétention à dépasser les limites des convenances, à choquer pour choquer, à transgresser pour transgresser. « Rien ne m’intéresse vraiment qui ne soit transgressif », disait ainsi B. Jacquot en 2011. La transgression, ce fut d’ailleurs aussi l’apologie de la pédophilie défendue dans les années 60-70 par le marxiste Daniel Cohn-Bendit et plein d’autres, comme l’écrivain Tony Duvert, encensé à l’époque par Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, aujourd’hui rangés dans le camp « des critiques de la décadence » et que raille férocement Michel Onfray sur son site[2].

La transgression, Benoît Jacquot l’évoquait donc lors d’un entretien croisé avec le psychanalyste et chroniqueur de gauche Gérard Miller. Tiens donc, voilà que ce dernier est maintenant aussi sous le coup de plaintes de femmes, notamment mineures lors des faits, qui l’accusent d’abus sexuels, comme la pratique classique du « est-ce que ça vous détend quand je mets ma main là ? » sous légère hypnose...[3]

C’est donc une avalanche de honte qui s’abat sur ces stars de la gauche mondaine qui tombent les unes après les autres, et c’est tant mieux, sous les dénonciations hélas souvent tardives de leurs victimes. Chaque plainte individuelle reste bien entendu à être instruite dans le respect de la présomption d’innocence, mais ce qui est certain, c’est que la liberté et l’excentricité des artistes a trop longtemps servi de prétexte à des abus dont on s’étonne que, connus de tous, ils n’aient pas été révélés plus tôt. « Comment ce milieu culturel (…) a-t-il pu non seulement fermer les yeux mais approuver de tels comportements au nom de la liberté, du refus de la morale et des conventions ? », se demande très justement L. Dandrieu en conclusion.


[1]https://www.liberation.fr/cinema/2015/02/20/benoit-jacquot-les-hommes-n-ont-pas-d-autre-place-que-celle-d-etre-de-trop_1206696/

[2] https://michelonfray.com/questions-reponses/reponses/question-etes-vous-etonne-des-accusations-contre-gerard?autoplay=true

[3] https://www.lematin.ch/story/gerard-miller-accusations-de-viols-et-dagressions-sexuelles-enquete-ouverte-103049528

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24 février – France Info

https://www.francetvinfo.fr/monde/russie/alexei-navalny/le-corps-de-l-opposant-russe-alexei-navalny-a-ete-remis-a-sa-mere_6386092


Huit jours après son décès, le corps d’Alexeï Navalny a enfin été remis à sa mère. Reste à savoir si des obsèques publiques auront lieu.

□ A vrai dire, on peut légitimement douter du désir de V. Poutine d’organiser des funérailles nationales à celui que les commentateurs occidentaux érigent en martyr de la lutte pour la liberté, quitte d’ailleurs à ne pas forcer le trait sur la face obscure de sa biographie[1], nul n’étant parfait. On peut donc parier sur un enterrement en catimini, loin des caméras de CNN qui se retourneront désormais sur sa veuve, disposée à jouer les Winkelried en jupons.


43 ans plus tôt, le héros d’une autre lutte contre un régime autoritaire a en revanche eu droit à des funérailles suivies par un cortège de 100'000 personnes. Il s’agit de Bobby Sands, membre de l’IRA[2] en lutte contre l’occupation britannique en Ulster, mort le 5 mai 1981 après 66 jours de grève de la faim dans une prison nord-irlandaise[3]. Point commun cependant entre Navalny et lui, l’intransigeance du pouvoir. Ainsi, la première ministre britannique à l’époque, Margaret Thatcher, fut inflexible dans son refus de considérer les revendications de l’IRA comme politiques : « Nous ne sommes pas prêts à accorder un statut spécial catégoriel pour certains groupes de gens accomplissant des peines à raison de leurs crimes ou délits. Un crime ou un délit est un crime ou un délit et seulement cela, ce n'est pas politique ». C’est la raison pour laquelle elle laissa la grève des activistes se poursuivre jusqu’à son issue fatale. « Monsieur Sands était un délinquant condamné. Il a fait le choix de s'enlever la vie. C'est un choix que l'organisation à laquelle il appartenait n'a pas laissé à beaucoup de ses victimes », tel fut à l’annonce du décès de Bobby Sands le commentaire de la « Dame de fer », fondé sur la même conception de la loi appliquée à A. Navalny par V. Poutine[4].


Ce dernier est donc loin de détenir le monopole du cynisme sur la planète.


[1] --> 16.02.24.

[2] Armée républicaine irlandaise.

[3] Par la suite, neuf autres nationalistes irlandais paieront aussi de leur vie cette grève

de la faim.

[4] Dura lex, sed lex.

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24 février – Le Temps

https://www.letemps.ch/monde/la-hongrie-affirme-qu-elle-ratifiera-l-adhesion-de-la-suede-a-l-otan


Au terme d’entretiens à Budapest entre les premiers ministres suédois Ulf Kristersson et hongrois Viktor Orbán, ce dernier a annoncé que le parlement hongrois « apposerait lundi (26 février-ndlr) le sceau final sur le traité » d’adhésion de la Suède à l’Otan.

□ Dernière à s’opposer à ce projet après l’accord obtenu de la Turquie, la Hongrie cède donc sous la pression de l’UE et contre la signature d’un contrat portant sur l’achat de quatre avions de combat suédois, les fameux Gripen auxquels la Suisse avait renoncé en 2019. Après la Finlande, autre Etat longtemps resté neutre, la Suède complètera donc le dispositif antirusse de l’OTAN autour de la Baltique. On en prend note avec les réserves émises[1] quant à l’escalade des tensions qu’induit l’intégration de ces deux Etats nordiques dans un bloc occidental subitement porté à l’alarmisme.

25 ans après la chute du Mur et l’illusion de « la fin de l’Histoire » annoncée par le politologue américain Francis Fukuyama dans un livre prématurément optimiste[2], l’Europe se retrouve à nouveau coupée en deux, mais cette fois beaucoup plus à l’Est, avec l’ensemble des ex-Etats satellites de l’URSS[3] passés dans le giron de l’OTAN. De l’autre côté, la Russie n’a pour seuls renforts que la modeste Biélorussie d’Alexander Loukachenko et la partie de l’Ukraine occupée par ses troupes. Si donc on compare la carte de l’Europe actuelle avec celle des 40 ans de Rideau de fer, on voir que le bloc occidental a considérablement amélioré ses positions.

Dans cette configuration, la menace d’invasion russe brandie péremptoirement par l'OTAN peut donc logiquement se retourner si l’on observe le rapport de force depuis Moscou. Autrement dit, le point d’équilibre géographique de la terreur s’est déplacé vers l’Est, mais on en reste à un équilibre fondé sur la dissuasion nucléaire qui depuis 1945 a toujours empêché un affrontement direct. En ce sens, on ne voit donc pas très bien en quoi la menace d’une guerre qui embraserait l’ensemble du continent européen serait devenue plus aiguë que durant la Guerre froide. L’hypothèse d’une agression militaire russe contre les Etats baltes, l’Estonie en particulier, paraît peu probable, puisqu’elle exposerait l’exclave russe de Kaliningrad à une riposte de l’OTAN. Le jeu en vaudrait-il la chandelle pour les Russes, ce n’est pas évident. En revanche, des manœuvres de déstabilisation dans les maillons faibles respectifs de l’OTAN (Etats baltes) ou de la Russie (Biélorussie) sont plus vraisemblables et mettraient l’adversaire dans l’embarras en cas de renversement du régime en place. On a suffisamment vu dans le Donbass entre 2014 et 2022 les dommages collatéraux (14'000 morts) de l’Euromaïdan qui a chassé le président pro-russe Viktor Ianoukovitch, avec la bénédiction des Etats-Unis bien entendu[4], pour connaître les risques que représente ce genre de manipulations. C’est là que réside le danger plutôt que dans la menace d’une agression militaire contre un Etat membre de l’OTAN.

Deux ans jour pour jour après le début de « l’opération spéciale » russe en Ukraine, il est surtout urgent de garder de part et d’autre la tête froide et de ne pas jeter de l’huile sur le feu. Au calme, citoyens !


[1] --> 23.02.24.

[2] Francis Fukuyama, La fin de l’Histoire et le dernier homme, 1992. 

[3] Pour mémoire: Allemagne de l’Est (RDA), Tchécoslovaquie, Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, auxquels se sont joints dans l’OTAN les Etats baltes qui faisaient partie intégrante de l’URSS.

[4] Cf. la poignée de main à Kiev le 22 avril 2014 entre le vice-président américain Joe Biden et le chef du parti Svoboda Oleg Tyagnibok (--> 26.03.22) !

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23 février – Courrier international

https://www.courrierinternational.com/article/gaza-l-egypte-finira-t-elle-par-etre-complice-d-une-seconde-nakba

Selon le CI, « le scénario d’un transfert partiel ou total de la population de Gaza vers le désert du Sinaï semble se préciser», bien qu’il soit « rejeté officiellement et avec véhémence par Le Caire ». Plusieurs signaux en ce sens sont fournis par des médias présents sur place et qui notent la construction de cinq complexes, « un prélude à l’accueil permanent des réfugiés palestiniens » pour l’Orient-Le Jour (Liban).


□ Si cela devait se confirmer, ce serait alors un bel autobut que le Hamas se serait infligé le 7 octobre dernier en fournissant à Israël, démocratie dont on sait qu’elle ne s’embarrasse pas d’états d’âme excessifs dans sa politique extérieure[1], le prétexte d’éradiquer sa présence à Gaza tout en faisant évacuer sous couvert humanitaire une bonne partie des Gazaouis dans le peu jovial environnement du Sinaï. Coup double pour Israël contre 1'300 morts inutiles au Hamas et une centaine d’otages qui ne lui suffiront probablement pas à empêcher l’attaque de Rafah.

 

[1] On pense là évidemment à sa politique de colonisation de la Cisjordanie.

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23 février – Courrier international

https://www.courrierinternational.com/article/a-la-une-de-l-hebdo-l-europe-sur-le-pied-de-guerre


Une semaine après le dossier de Marianne « La guerre partout »[1], le Courrier international voit à son tour « L’Europe sur le pied de guerre ».

□ C’est un véritable vent de panique qui souffle sur l’Europe. Le CI se penche donc sur « l’inquiétude qui se manifeste partout en Europe face à la menace russe (…) Retour de la conscription, armées de réserve, augmentation des budgets de la Défense (...) De l’Estonie à l’Allemagne, en passant par la Pologne et les Balkans, le continent se mobilise et se réarme tous azimuts ». Pour un peu, on croirait apercevoir aux portes de Berlin les chars russes, pourtant bien inoffensifs lors de l’assaut de Kiev deux ans plus tôt. Alors bien sûr, on relativise en disant comme le ministre suédois de la Défense civile Carl-Oskar Bohlin qu’il « ne s’agit pas d’encourager la peur, mais de voir la réalité en face », mais on sent tout à coup une angoisse communicative submerger l’Europe de Paris à Tallin et Helsinki en passant par Berlin, Stockholm et Varsovie.


Durant des années, on a fait l’impasse sur le projet de défense européenne soutenu, il faut le relever, par la France d’E. Macron mais repoussé avec persévérance par l’Allemagne, peu portée à laisser la responsabilité première de la sécurité européenne à sa voisine et rivale[2]. Or maintenant, l’Allemagne d’Olaf Scholz frémit à l’idée qu’en cas de victoire de D. Trump en novembre, elle se retrouve fort dépourvue quand le retrait des Etats-Unis de l’OTAN sera venu, à supposer que ce retrait survienne. On assiste donc à un branle-bas de combat conçu dans l’urgence d’une possible victoire russe en Ukraine, à grand renfort d’appels à une remilitarisation aussi massive que tardive. Dans ce contexte, la volonté de la conseillère fédérale Viola Amherd de porter à 31 milliards de francs au lieu de 25.8 le budget d’équipement de l’armée[3] pour les années 2025-2028 résonne comme une manière quelque peu démagogique d’accrocher le wagon suisse au train européen.


On l’a fait remarquer il y a peu[4], la prise de conscience de l’assujettissement de la défense européenne à l’OTAN, c’est-à-dire aux Etats-Unis, intervient trop tard, elle pousse à prendre des décisions précipitées[5] et fait monter la tension avec la Russie alors que celle-ci, qu’on le veuille ou non, « est la voisine de l’Europe et (qu’) elle ne va pas disparaître », comme l’a justement rappelé l’ancienne ambassadrice de France à Moscou Sylvie Bermann dans un récent entretien accordé à Marianne[6].


[1] https://digital.marianne.net/marianne/marianne/n1405-2024

[2] Contrairement à l’Allemagne, la France possède l’arme atomique, ce qui fait toute la différence.

[3] https://www.rts.ch/info/suisse/2024/article/l-armee-suisse-a-besoin-de-31-milliards-de-francs-jusqu-en-2028-28402859.html

[4] --> 28.01.24.

[5] Le cas de la Finlande entrée dans l’OTAN alors qu’elle ne courait aucun risque, et désormais complètement barricadée, est emblématique.

[6] https://tv.marianne.net/rencontres/-la-russie-est-la-voisine-de-l-europe-et-elle-?autoplay=true&startTime=0

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22 février – Courrier international

https://www.courrierinternational.com/article/societe-en-afghanistan-l-effroyable-trafic-de-fillettes-mises-en-vente-pour-etre-mariees


Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, de nombreuses fillettes sont vendues en vue de mariages forcés. Dans une localité proche de Herat, Shahrak-é-Sabz, 118 filles de 6 à 10 ans ont été ainsi cédées par des parents en proie à la misère et 116 autres sont actuellement « mises en vente ».

□ Les parents peuvent retirer 3'000 dollars de la vente d’une fillette, quitte à ce que celle-ci soit par la suite « victime de violences verbales, physiques et sexuelles ». Mais si le sacrifice de ces enfants permet de nourrir une famille durant une année, il semble que cela suffise à écarter un certain nombre de scrupules. Certes, avec un taux de natalité de 4.75 enfants par femme, il y a encore de la réserve, mais d’un point de vue occidental toujours très ethnocentré, c’est un argument qui ne passe pas très bien.


Autres pays, autres mœurs, certes, on veut bien avoir de la compréhension pour une mentalité différente, savoir que là-bas les filles ne jouissent pas tout à fait de la même considération que les garçons, que bien sûr « c’est une honte pour les parents » que celle de vendre leur enfant, comme l’explique la chaine afghane Amu TV, il n’en reste pas moins que « sous le couvert du mariage, il s’agit clairement d’une forme d’esclavage moderne » admise par le gouvernement. Celui-ci cautionne la pratique en garantissant que chaque fillette est toujours « placée sous la tutelle d’un responsable », peu importe qu’il ait 40 ans de plus qu’elle. Tout cela implique donc de déplacer très haut le cursus de la tolérance envers les autres cultures, même pour les fans d’exotisme.

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21 février – Watson

https://www.watson.ch/fr/suisse/universit%c3%a9/645550692-ecole-lenine-a-l-uni-de-fribourg-le-recrutement-communiste-continue


« En vue de la création du Parti communiste révolutionnaire (sic) en mai prochain, la formation au marxisme-léninisme se poursuit à l'Université de Fribourg avec l'accord des autorités cantonales ». Telle est l’introduction d’un article sur la « conférence fondatrice » de ce nouveau parti qui aura lieu les 10, 11 et 12 mai en Suisse, occasion aussi de manifester son soutien aux Palestiniens.

□ On ne rêve pas, ce n’est pas un poisson d’avril sorti prématurément de son aquarium. On ignore encore si Mgr Morerod[1] viendra donner la bénédiction de la Sainte Eglise catholique au baptême du PCR, mais plus rien n’étonnerait de la part d’un canton qui a été capable de faire résonner l’hymne soviétique dans sa patinoire pour faire plaisir à deux anciennes stars de l’équipe russe engagées par le club local[2] ! Sous prétexte de liberté d’expression, l’Université de Fribourg pratique le deux poids deux mesures dans toute son hypocrisie. Après l'« école Lénine », pourquoi pas une « école Hitler », pendant qu’on y est, afin de « tirer le meilleur d’Hitler et du nazisme »[3] ?

Soit on bannit de la cité tous les totalitarismes, ce qui est souhaitable, soit aucun. Mais laisser la propagande pour une idéologie mortifère (50-100 millions de victimes) se développer alors qu’on rebat les oreilles du bon peuple sur la menace de l’extrême droite, ça fait quand même un peu désordre. Entre la honte et le déshonneur, le sentiment de perplexité balance.

[1] Il est évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

[2] Slava Bykov et Andrej Khomutov avaient émis ce vœu impie qui a pourtant été exaucé.

[3] L’école Lénine se propose en effet de « tirer le meilleur de Lénine et du bolchévisme ».

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21 février – Tribune de Genève

https://www.tdg.ch/hockey-sur-glace-apres-la-suisse-les-aigles-surplombent-leurope-927396904706


Les joueurs et le staff de Genève-Servette HC ont fêté toute la nuit leur victoire 3-2 contre les Suédois de Skellefteå en finale de la Champions Hockey League.

□ 10 ans après leur seconde victoire de suite en Coupe Spengler et un an après leur premier titre suisse, les Genevois ont réalisé en remportant la coupe d’Europe un exploit d’autant plus remarquable qu’ils peinent dans le championnat suisse dont ils n’occupent que le 8e rang. Cela prouve que lorsque règne un esprit d’équipe positif, tout devient possible, ce dont pourraient s’inspirer leurs camarades de l’équipe nationale de football, sans doute un peu trop préoccupés par leurs salaires.


A propos d’argent, les 500'000 frs que va toucher Genève-Servette pour sa victoire ne valent pas les 85 millions que remportera le club vainqueur de la Champion’s League de football, mais le sport est comme le laissait penser Orwell un domaine dans lequel certains sont beaucoup plus égaux que d’autres.

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20 février – Le Figaro

https://www.lefigaro.fr/medias/avant-la-presidentielle-le-milliardaire-george-soros-bouscule-le-paysage-radiophonique-aux-etats-unis-20240219


Pour 414 millions de dollars, le milliardaire américain George Soros a racheté via le Soros Fund Management 40% de la dette d’Audacy, 2e plus grand groupe de stations de radio (230) des Etats-Unis derrière i-HeartMedia.

« De quoi exercer une influence politique majeure sur les citoyens américains », se réjouit la journaliste du Figaro Claudia Cohen, surtout dans l’optique de la farouche opposition que mène G. Soros à D. Trump.

Véritable hagiographe du milliardaire, C. Cohen le qualifie de « pourfendeur du capitalisme ultralibéral » (il fallait oser) et déplore qu’il ait « souvent été la cible fantasmée d’un ensemble de croyances complotistes et d’attaques aux relents antisémites ».  Pour la journaliste, pas de doute, penser que G. Soros a développé depuis belle lurette un projet de société ouverte[1] sous la gouvernance d’élites mondialisées, c’est donc du complotisme, dicté bien sûr par un antisémitisme flagrant.


Pire encore dans la partialité des appréciations de C. Cohen, celle-ci relaie docilement la profession de foi figurant sur le site de l’OSF : « La Fondation estime que des médias libres et indépendants sont la pierre angulaire de la démocratie et de la liberté, et nous sommes fiers que nos bénéficiaires travaillent dur pour faire progresser ces principes ». Alors qu’en France par exemple, quand un milliardaire comme V. Bolloré rachète Europe 1, CNews et le JDD, le reste du paysage politico-médiatique s’étrangle et s’acharne à nuire à ces médias sous prétexte qu’ils ne diffusent pas suffisamment d’idées contraires à leur ligne éditoriale, on voudrait faire croire qu’aux Etats-Unis, le rachat d’Audacy est une action de grâce permettant de lutter pour la bonne cause tout en rendant les médias rachetés plus « libres et indépendants » ! Cette sombre hypocrisie est relevée par 98% des lecteurs, qui montrent qu’ils ne sont pas dupes du rôle joué par le milliardaire, âgé de 93 ans.

Sur ce point, cela confirme que comme la politique dans le cas d’Henry Kissinger[2], décédé à 100 ans, l’argent, ça conserve très bien aussi et que comme « le rire, c’est bon pour la santé »[3].


[1] Concept qu’il a repris du philosophe Karl Popper.

Cf. Pierre-Antoine Plaquevent, Soros et la Société ouverte, Paris, 2021.

[2] « … quand elle menée avec intelligence (ou roublardise, c’est selon !), la politique conserve » (--> 21.07.23).

[3] Citation du conseiller fédéral J. Schneider-Amman, célèbre car énoncée lugubrement (2016) !

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20 février – RTS La Première – La Matinale / Tout un monde

https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/la-matinale-28408784.html


Le chef de la délégation du CICR à Gaza, Pascal Hundt, témoigne au micro de Valérie Hauert de l’extrême précarité de plus d’un million de Gazaouis entassés à Rafah et terrifiés par la menace d’un assaut israélien.

□ A l’angoisse s’ajoutent bien sûr le manque de nourriture, d’eau, d’hygiène ainsi que l’effondrement du système de santé qui rendent la situation de la population civile infernale. Dans des conditions de plus en plus difficiles et dangereuses, le CICR reste pourtant prêt à gérer à nouveau le transfert des otages israéliens qui seraient libérés par le Hamas en échange du renoncement à l’assaut de la ville. Il faut donc un sacré courage aux humanitaires sur place pour faire face à de telles situations.


Le courage et la capacité de supporter les épreuves, les reporters présents dans les zones de conflit en ont beaucoup aussi pour remplir la mission essentielle de témoigner du réel, loin des développements idéologiques assénés à belle distance sur les chaines info. C’est le cas une fois de plus de Maurine Mercier qui cette semaine envoie chaque jour un témoignage de Kherson, ville ukrainienne évacuée par les Russes en novembre 2022[1]. Elle fait vivre le quotidien des civils qui n’ont pas évacué cette ville soumise à la peur des bombardements (17'300 obus russes auraient été tirés sur la ville la semaine précédente, elle n’est pas équipée de dispositif défensif comme Kiev) et dans laquelle les victimes et les destructions s’accumulent. Le témoignage du jour est fort, c’est celui d’un militaire rescapé d’une des positions occupées sur la rive gauche du Dniepr par les Ukrainiens. La description qu’il rapporte des combats avec les Russes qui les encerclent glace le sang. « On était 129 hommes, on n’est plus que 24 (…) Seul l’alcool permet d’oublier ce qu’on voit là-bas (…) De part et d’autre, on ne fait plus de prisonniers (…) On manque d’armes et mêmes d’habits ». Et puis un aveu en forme de cri de colère, que M. Mercier tient à ne pas censurer comme d’autres auraient tendance à le faire : « Le gouvernement ment constamment, on est dans la merde ».

Certes, V. Zelensky reconnaît que la situation est extrêmement difficile sur le front[1], notamment avec la perte d’Avdiïvka, mais il reste persuadé que si l’aide militaire arrive en suffisance, son armée tiendra. Le fossé semble donc se creuser entre lui et une partie au moins des hommes sur le terrain.


[1] https://www.rts.ch/audio-podcast/2015/emission/tout-un-monde-25000625.html

[2] https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-l-armee-ukrainienne-est-dans-une-situation-extremement-difficile-face-aux-russes_6377086.html

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19 février – Le Figaro

https://www.lefigaro.fr/international/ursula-von-der-leyen-candidate-a-un-second-mandat-a-la-tete-de-la-commission-europeenne-20240219


Ursula von der Leyen a annoncé qu’elle présentait sa candidature à un second mandat à la tête de la Commission européenne.

□ Cette parfaite incarnation de la technocratie européenne, fédéraliste, néolibérale, wokiste, alignée sur les Etats-Unis, se pense donc apte à présider avec bonheur à la destinée des peuples européens. Elle se trompe, à en croire la rare et virulente unanimité contre elle que déclenche l’annonce de sa candidature auprès des lecteurs du Figaro, quotidien de droite classique pourtant théoriquement cousine de la droite allemande (CDU) dont la dame est issue. Si l’on ajoute à ces très mécontents-là tous ceux qui le sont encore davantage, tant au sein de la gauche anticapitaliste que de la droite identitaire, on se demande vraiment sur quelle représentativité elle se base pour se penser « the right woman at the right place ». Et le pire, c’est qu’elle a bien des chances d’être réélue, en fonction du mode de désignation de la présidence de la Commission européenne.

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19 février – Le Figaro

https://www.lefigaro.fr/politique/emmanuel-macron-n-a-jamais-considere-que-le-rn-ou-reconquete-s-inscrivaient-dans-l-arc-republicain-20240218


Invité exceptionnel de la rédaction de l’Humanité, le journal du Parti communiste français (PCF), Emmanuel Macron a confié qu’il n’avait jamais considéré «que le RN et Reconquête s’inscrivaient dans l’arc républicain».


□ En répondant à l’invitation du journal, le président faisait preuve d’un bel opportunisme à quelques jours de l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian, héros de la résistance communiste, fusillé en février 1944. On ne s’en étonnera pas davantage que de l’arrogance avec laquelle il bannit donc 30%[1] de ses compatriotes du cercle vertueux dont il se donne le privilège de désigner les contours, fût-ce en égratignant au passage la récente déclaration de Gabriel Attal selon laquelle « l'arc républicain, c'est l'Hémicycle ». Qu’on partage ou non sa vision des choses, il faut déplorer le mépris dont E. Macron fait ainsi preuve à l'égard d’une partie des citoyens désignés comme de seconde zone, tels les « déplorables » naguère vilipendés par Hillary Clinton. Certes, il déshonore la fonction présidentielle censée incarner l’unité du pays, mais après tout, puisqu’il est inéligible à un 3e mandat en 2027, pourquoi ne se lâcherait-il pas ?


Au passage, on fera cependant humblement remarquer que le président français a dû oublier ce qu’il avait déclaré quelques mois plus tôt en recadrant Elisabeth Borne : « Le combat contre l’extrême droite ne passe plus par des arguments moraux. Vous n’arriverez pas à faire croire à des millions de Français qui ont voté pour l’extrême droite que ce sont des fascistes »[1]. Mais le temps passe, les souvenirs s’estompent et finalement il n’y a aucune raison de laisser à Joe Biden le monopole des absences.


[1] 23% à M. Le Pen et 7% à E. Zemmour au 1er tour de la présidentielle 2022.

[2] --> 31.05.23.

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18 février – RTS Info

https://www.rts.ch/info/regions/vaud/2024/article/la-famille-du-preneur-d-otages-tue-par-la-police-porte-plainte-28408084.html


La famille du preneur d’otages du train Ste-Croix-Yverdon[1], abattu par la police, estime qu’il a été victime d’une « injustice » et a déposé plainte.


□ Le scoop du jour ne pouvait être ignoré par le 19h30 de RTS1[2] qui n’a pas manqué de le promouvoir de manière pavlovienne à la « une » du journal du soir.

Il fallait évidemment amener de quoi accréditer la thèse d’une bavure policière, connue pour sa promptitude à titiller la gâchette, certes après 4 heures de négociations avec Kader, requérant iranien déséquilibré absolument aussi dépourvu de mauvaises intentions que l’inoffensif Nzoy abattu par la police à la gare de Morges[3]. Pour un peu, la RTS rendrait donc la police suisse adepte des méthodes russes visant à faire passer pour des accidents l’élimination des indésirables, bien que celui-ci fût en l’occurrence l’auteur à l’insu de sa pleine conscience d’actes ne visant qu’à exprimer de façon originale le besoin de se sentir écouté. C’est en tout cas la conclusion de la famille de la victime qui estime que ce Kader « ne méritait pas ça », bien qu’elle reconnaisse que sa façon de s’exprimer fût en effet quelque peu inadéquate. En résumé, le scoop du soir ne constitue en soi pas une grande surprise. Il se situe bien dans l’ADN d’une RTS jouant régulièrement les Mediapart amateurs. La routine, quoi.


[1] --> 08.02.24.

[2] https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/19h30?urn=urn:rts:video:14710563

[3] --> 16.09.21.

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18 février – Courrier international

https://www.courrierinternational.com/article/a-la-une-de-l-hebdo-fentanyl-l-overdose-mondiale


Le dossier de la semaine du Courrier international est consacré à l’expansion et aux ravages du fentanyl, très puissant opioïde fabriqué à partir de molécules à la base des antidouleurs. « C’est la drogue la moins chère, la plus addictive, la plus puissante[1], la plus mortelle, la plus incontrôlable. La plus insaisissable, aussi », elle est responsable d’un nombre effarant d’overdoses (environ 295 morts par jour aux Etats-Unis), rapporte le journal.

□ Le sujet n’est certes pas nouveau[2], mais l’ampleur du sinistre devient telle que des villes entières sont placées en état d’urgence, comme en Oregon où « des expériences pionnières de décriminalisation des drogues dures » sont, ou étaient menées, avec des effets désastreux tels qu’une augmentation de 500% des overdoses entre 2018 et 2022. Le fentanyl, ce « tueur de masse »[3,] a même fait reculer l’espérance de vie aux Etats-Unis, c’est tout dire.


Lorsqu’on apprend que le phénomène « se répand vite sur tout le continent américain (et que) l’Europe et l’Afrique sont elles aussi menacées », on commence à se dire que l’invasion du fentanyl, comme celle du crack, dérivé de la cocaïne, pourrait constituer un facteur de déséquilibre profond de la société européenne, tant au plan des implications sur la sécurité publique[4] qu’à celui des conséquences sanitaires. Maîtriser un pareil fléau constitue un défi autrement plus difficile à relever que ne l’a été la pandémie de Covid-19, finalement jugulée par l’apparition des vaccins et l’évolution du virus vers des formes moins virulentes, du moins jusqu’ici. A l’inverse, Pfizer, Moderna et consorts seraient bien en peine de mettre au point un vaccin ou un antidote propre à éliminer les trafiquants et à désintoxiquer les esprits vulnérables aux charmes supposés des paradis artificiels.


Ces temps-ci, il est beaucoup question en Europe de la nécessité de se préparer à une possible guerre, ce qui n’est certes pas exclu par principe, mais les conséquences de l’extension des trafics de drogue représentent une menace au moins aussi grave et surtout plus crédible.


[1] Quantité nécessaire à un effet équivalent : 1 mg de fentanyl = 100 mg de morphine ou 50 mg d’héroïne.

[2] --> 15.07.21/25.02-09.03-10.08.23.

[3] L’expression est tirée de l’hebdomadaire madrilène El País Semanal, auteur d’une grande enquête à ce sujet.

[4] On en voit déjà les prémices avec les guerres des gangs qui se déroulent aux Pays-Bas et en Suède notamment.

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18 février – France Info

https://www.francetvinfo.fr/elections/europeennes/europeennes-fabrice-leggeri-ex-directeur-de-frontex-l-agence-de-l-ue-chargee-du-controle-des-frontieres-rejoint-la-liste-du-rassemblement-national


L’ancien directeur de Frontex, Fabrice Leggeri[1], va rejoindre la liste du Rassemblement National, indique France Info.

□ L’information n’est pas anodine, venant de ce docile média d’Etat. En cherchant à le décrédibiliser aux yeux des internautes à cause de son adhésion publique aux forces du mal, le RN, elle confirme que ce monsieur avait bien raison de fustiger à l’époque de son éviction l’impéritie de Frontex, organe de surveillance du bon acheminement de la main d’œuvre immigrée dans l’UE libérale. L’air patibulaire du coupable sur la photo choisie achèvera de convaincre les sceptiques du caractère repoussant du sinistre personnage.


[1] --> 06.05-21.12.22/29.11.23.

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17 février – Courrier international

https://hebdo.courrierinternational.com/data/3529/reader/reader.html


Un article du journaliste du New York Times Bret Stephens exprime l’inquiétude de ce dernier quant à l’état de santé mentale de Joe Biden.


□ Le malheureux multiplie tant les gaffes que son entourage cherche à le préserver désormais autant que possible des apparitions publiques, de sorte que le quotidien démocrate avance la suggestion de songer à un autre candidat pour la présidentielle.

Une idée à creuser,

en effet.

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17 février – Le Matin

https://www.lematin.ch/story/live-guerre-ukraine-russie-infos-en-direct-103017353


Après des mois de résistance acharnée, l’armée ukrainienne a abandonné la ville d’Avdiïvka assiégée par les Russes.


□ Située à seulement 30 km au nord-ouest de Donetsk, cette ville qui comptait naguère 35'000 habitants ne possédait pas d’importance stratégique particulière si ce n’est qu’elle constituait une excroissance ukrainienne intolérable dans la ligne de front russe.

Elle est aujourd’hui en ruines, dévastée, inutilisable, mais débarrassée de la présence de l’armée ukrainienne selon les vœux de l’état-major Russe. Mais à quel prix ? Si les Ukrainiens ont subi de lourdes pertes dans une défense jusqu’au-boutiste, on sait que le nombre de soldats russes tués au cours des assauts où ils sont davantage exposés est encore nettement plus important. Ces centaines, voire milliers de morts pour un tas de ruines font de la prise de la ville une victoire à la Pyrusse, si l’on ose dire, et un succès de prestige qui ne changera pourtant rien à la posture du président Zelensky. Celui-ci était pendant ce temps en personne à Munich où se déroule la 60e édition de la Conférence sur la sécurité rassemblant une cinquantaine de chefs d’Etat ou de gouvernement et une centaine de ministres venus «des quatre coins du monde», expression lue dans l’Express qui confirme le fait que dans ces conditions, celui-ci ne puisse évidemment pas tourner rond[1].

V. Zelensky en a donc profité pour réclamer une fois de plus davantage d’aide internationale avant d’être interviewé par la journaliste-star de CNN Christiane Amanpour. Il ne manquait plus que les petits fours pour compléter la scène glamour qui se déroulait sur l’estrade de ce vertueux raout au moment même où les rescapés de l’armée ukrainienne pliaient bagage.

A chacun son rôle, c’est vrai, mais le fait est que la bataille d’Avdiïvka, comme celles de Marioupol, Sievierodonetsk ou Bakhmout auparavant, aura été un carnage hors de proportion avec son résultat.


[1] https://www.lexpress.fr/monde/quest-ce-que-la-conference-sur-la-securite-qui-souvre-a-munich-ce-vendredi

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